Mardi 15 septembre, nous avons souhaité être aux côtés des professionnels mobilisés dans les secteurs de la santé, du médico-social et de la protection de l’enfance. Le mot d’ordre de cette nouvelle mobilisation « faire toujours plus avec moins », ce n’est pas normal.
Nous n’avons malheureusement pas pu nous rendre le matin au rassemblement organisé devant le Centre départemental de l’enfance Leclerc Chauvin. Nous le regrettons d’autant plus que les difficultés rencontrées dans le secteur de la protection de l’enfance nous sont régulièrement remontées à la permanence parlementaire, aussi bien par les structures et les associations que par les familles et les professionnels eux-mêmes.



Ces alertes concernent notamment la surcharge des groupes d’enfants, les difficultés de recrutement de personnels diplômés, les conditions d’accueil, mais aussi les délais d’attente et le manque de places. Des situations qui, au-delà des organisations, ont des conséquences très concrètes pour les enfants et les familles.
Dans l’après-midi, nous avons pu rejoindre les professionnels rassemblés devant le Centre hospitalier Camille Claudel. Et les échanges que nous avons eus avec eux sont particulièrement préoccupants. En pédopsychiatrie, les chiffres donnent la mesure de la situation. Selon les éléments présentés par les professionnels, le service fonctionne actuellement avec 3,80 équivalents temps plein de pédopsychiatres, alors que 11 postes sont vacants. Depuis juin, ce sont seulement 2,2 Équivalents Temps Plein de pédopsychiatres qui doivent gérer 9 structures.
Dans le même temps, les lits d’hospitalisation complète de l’unité Mikado ont été fermés, avec une orientation des jeunes vers des structures des départements limitrophes, elles-mêmes décrites comme déjà surchargées. À cela s’ajoutent des mobilités imposées aux équipes de soins.
Derrière ces chiffres, il y a une réalité très concrète : des professionnels qui doivent continuer à prendre en charge des enfants et des adolescents avec des moyens médicaux qui se réduisent, alors même que les besoins, eux, ne disparaissent pas. Et c’est là que le lien avec la protection de l’enfance apparaît très clairement.
Tout est lié. Lorsqu’un enfant ou un adolescent va mal, les difficultés ne s’arrêtent pas aux portes d’un établissement. Elles concernent les familles, les professionnels de santé, les éducateurs, les associations, les services de protection de l’enfance et l’ensemble des acteurs qui doivent pouvoir apporter une réponse. Quand un service est saturé, quand des postes restent vacants, quand les délais s’allongent ou qu’une structure ferme des capacités d’accueil, la pression se reporte nécessairement ailleurs.
C’est ce que nous avons entendu mardi à Camille Claudel : une inquiétude très concrète sur la capacité à continuer à assurer les missions de soin et d’accompagnement dans de bonnes conditions. Le tract distribué à l’occasion de cette mobilisation résume d’ailleurs leur revendication en quelques mots : « des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins des enfants que nous accompagnons ».
Cette mobilisation nous rappelle une chose essentielle : les difficultés que nous entendons régulièrement à la permanence parlementaire ne sont pas des situations isolées. Elles se répondent d’un secteur à l’autre et finissent par former une même chaîne de fragilités.
Nous continuerons donc à être attentifs aux témoignages des professionnels, des familles, des associations et des structures qui nous saisissent, et à faire remonter ces réalités de terrain à l’ARS, au Ministre et bien évidement au Parlement.
Aude Marchand















Laisser un commentaire