La 14e édition du baromètre de l’UNSA Éducation révèle un attachement fort des personnels à leur métier malgré une attractivité en dégradation. Ils demandent des améliorations salariales, de meilleures conditions de travail et souhaitent plus d’implication dans les décisions politiques.

Présentée le 15 septembre, la 14e édition du baromètre des métiers de l’UNSA Éducation porte sur le vécu professionnel des personnels des services publics de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la jeunesse et des sports, de l’enseignement agricole, de la culture et de l’enseignement français à l’étranger. Réalisée du 4 mai au 4 juin 2026, l’enquête a recueilli 42 849 réponses sur l’ensemble du territoire. Selon l’UNSA, elle constitue la plus grande enquête indépendante menée auprès des personnels du service public et se caractérise par la diversité des métiers représentés.
Le principal enseignement du baromètre est celui d’un paradoxe entre l’attachement au métier et une attractivité qui se dégrade. 90 % des répondants déclarent aimer leur métier et 67 % considèrent que leurs missions ont du sens, mais seuls 22 % recommanderaient ce métier à un jeune. En dix ans, le sentiment de reconnaissance et de respect est passé de 48 % à 34 %, tandis que le sentiment que le travail a du sens a reculé de 83 % à 67 %. Les personnels mettent en cause leurs conditions d’exercice : manque de reconnaissance, stress, situations émotionnellement difficiles et charge de travail excessive. Ils demandent davantage de moyens, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi que des améliorations en matière de management, de formation et de sécurité.
Le pouvoir d’achat constitue leur première préoccupation. L’UNSA souligne le décrochage entre l’évolution des rémunérations et celle des prix et refuse que l’amélioration salariale repose sur une intensification du travail. Les personnels administratifs sont particulièrement exposés, notamment en catégorie C, mais les catégories B et les débuts de carrière en catégorie A sont également concernés. Le baromètre met par ailleurs en évidence les effets de la baisse démographique sur l’organisation du service public. En Charente, 496 élèves supplémentaires ne seront pas présents à la rentrée 2026 et le département a perdu près de 5 000 élèves en onze ans. Pour l’UNSA, cette évolution doit être utilisée pour améliorer les conditions d’enseignement : 82 % des répondants souhaitent notamment que les moyens dégagés permettent de réduire les effectifs par groupe et de renforcer les équipes.
Le remplacement des enseignants demeure toutefois sous tension, avec un recours fréquent aux personnels déjà présents pour les absences de moins de quinze jours et un vivier de remplaçants qui s’est réduit. L’UNSA considère que la baisse démographique peut justifier des restructurations du réseau scolaire, mais à condition que les moyens libérés soient réinvestis dans la qualité du service public. Elle défend une réflexion territoriale de long terme, articulant les différents niveaux de formation, l’orientation, la mixité sociale et les besoins des territoires, plutôt qu’une approche établissement par établissement.
Le syndicat met également en avant une demande de changement de méthode dans la conduite des politiques publiques. Une large majorité des personnels estime que les réformes des dix dernières années ne répondent pas suffisamment aux réalités du terrain ou sont trop difficiles à mettre en œuvre ; 89 % souhaitent être davantage associés à la construction des orientations futures. L’UNSA demande donc que les politiques reposent davantage sur l’expertise des professionnels, la recherche et le dialogue social. Elle défend une approche globale des enjeux : réussite des élèves, bien-être, inclusion, inégalités sociales, numérique et intelligence artificielle, plutôt que leur mise en concurrence.
Enfin, le baromètre alerte sur la situation des personnels non enseignants et sur la santé au travail. L’UNSA conteste l’idée d’une administration surdimensionnée et évoque au contraire une sous-administration du système éducatif, alors que de nombreux métiers sont indispensables à son fonctionnement. Les risques psychosociaux constituent un autre point majeur : 57 % des personnels déclarent être particulièrement exposés au stress ou à des situations émotionnelles difficiles. Le syndicat demande davantage de médecins du travail, d’infirmiers, de psychologues et de dispositifs d’accompagnement, ainsi qu’une meilleure articulation avec les acteurs médico-sociaux.
Au terme de l’enquête, l’UNSA Éducation tire un constat à la fois préoccupant et volontariste : les personnels restent attachés à leur métier mais voient son attractivité se dégrader. Le syndicat demande une meilleure rémunération, de véritables perspectives de carrière, des conditions de travail améliorées et une association accrue des professionnels aux décisions. Il appelle surtout à changer de méthode, en privilégiant l’écoute, la concertation, l’expertise et l’anticipation, dans le cadre de politiques publiques inscrites dans la durée plutôt qu’une succession de réformes.
Eileen Chaix















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