Mieux comprendre: le grand n’importe quoi de la niche LR

La niche parlementaire des Républicains, jeudi 22 janvier à l’Assemblée nationale, restera comme une démonstration éclatante de ce que la droite française est devenue : déconnectée du quotidien des Français, obsédée par les guerres culturelles, et parfaitement perméable aux obsessions de l’extrême droite.

Une stratégie désormais bien rodée : agiter des peurs, flatter les instincts les plus réactionnaires, et reprendre à son compte des propositions historiquement portées par le Front national — avec l’appui zélé des macronistes.

Une diversion idéologique, pas une réponse aux urgences sociales

Au menu de cette niche : une résolution visant les Frères musulmans, une proposition de loi instaurant une présomption d’usage légitime des armes à feu par les forces de l’ordre, un texte pour remettre en cause le 1er Mai chômé, et une nouvelle attaque contre le port du voile, y compris pour les mineures.

Rien sur les salaires. Rien sur les prix. Rien pour l’emploi. Rien sur les services publics. Rien sur la précarité. Rien sur les difficultés du quotidien. Mais beaucoup sur l’islam, la répression et le détricotage des droits sociaux et des droits fondamentaux.

La résolution appelant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes est emblématique de cette dérive. Comme l’a rappelé le député insoumis Arnaud Le Gall, le rapport officiel lui-même reconnaît le caractère groupusculaire et inorganisé de ce mouvement en France. Y compris le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, reconnaissait récemment que « nous ne sommes pas dans le cas d’un mouvement terroriste ».

Peu importe les faits : le spectre agité n’est pas celui du terrorisme, mais celui de la division du peuple, en ciblant une minorité religieuse et créant de toute pièce un ennemi de l’intérieur : les musulmans. Cette initiative honteuse ne renforce en rien la sécurité des Français ; elle nourrit une islamophobie d’État, alimente la stigmatisation et fracture volontairement le pays — soit exactement ce que recherchent les terroristes…

Quand LR recycle les obsessions du RN

La porosité entre LR et l’extrême droite se constate également avec la proposition de loi sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre.

Cette idée, portée historiquement par le Front national, instaure de fait un permis de tuer, en affaiblissant le contrôle judiciaire sur l’usage des armes.

Malgré un habillage sémantique — « présomption d’usage légitime » plutôt que « légitime défense » — le fond reste identique : réduire les garanties de l’État de droit et installer un sentiment d’impunité policière, au détriment de la confiance entre la population et les forces de l’ordre.

Plus préoccupant encore : le gouvernement macroniste a déposé un amendement de réécriture générale du texte, adopté avec les voix de LR et du RN. Laurent Nuñez s’est même déclaré favorable à cette logique.

L’actualité internationale autour de l’ICE aux Etats-Unis devrait pourtant interpeller ceux qui font la loi, sur les dangers d’un tel système.

Le 1er Mai attaqué, les travailleurs méprisés

Autre symbole du grand n’importe quoi de cette niche : la remise en cause du 1er Mai, seul jour férié obligatoirement chômé et payé, héritage de plus d’un siècle de luttes sociales.

Présentée comme une simple « sécurisation juridique », la proposition de loi ouvre en réalité la voie à la banalisation du travail le 1er Mai, au bénéfice des grandes enseignes, au détriment des salariés.

Ce texte franchit une ligne rouge historique. Ce qui est présenté comme une exception deviendra la norme. Et une fois le 1er Mai attaqué, les autres jours fériés seront à leur tour remis en cause.

Ironie cruelle : même les organisations patronales du secteur Hôtel / Café / Restaurant alertent sur un texte mal rédigé, incohérent et économiquement dangereux, qui pourrait entraîner des fermetures massives de restaurants le 1er Mai. LR prétend défendre « la France qui travaille », mais accouche d’un texte que personne n’a demandé, ni les salariés, ni les syndicats, ni même les employeurs concernés.

Une niche révélatrice d’un naufrage politique

Face à cette avalanche de textes dangereux, les députés de La France insoumise, ont assumé leur rôle : empêcher l’adoption de mesures liberticides, racistes et antisociales.

Cette niche LR n’aura finalement rien produit, sinon une image désolante : celle d’une droite prête à tout pour exister médiatiquement, quitte à singer l’extrême droite, affaiblir l’État de droit et piétiner les conquêtes sociales.

En cherchant des terroristes partout, en criminalisant une religion, en donnant toujours plus de pouvoirs sans contrôle, LR ne combat pas l’insécurité : elle fabrique de la division.

Les enjeux de sûreté et de tranquillité publique ne sont pas abordées sérieusement, mais comme un outils de communication déconnecté du réel et bien loin des nécessaires mesures qui ont fait la preuve sur le terrain de leur efficacité :  prévention, moyens d’investigation, application du droit, réparation et politiques d’insertion.


Et pendant ce temps,  pouvoir d’achat, logement, hôpital, école ou encore enjeux environnementaux, restent soigneusement hors champ. Voilà là la fonction de LR : diviser pour ne pas parler des vrais sujets.

Cette niche aura au moins eu un mérite : révéler au grand jour ce qu’est devenue la droite française. Une droite qui ne s’intéresse plus au quotidien des Français, mais qui court derrière le RN, avec la bénédiction du bloc macroniste.

Anthony Brondel

Articles les plus lus:

Laisser un commentaire

Contact:

Assemblée nationale 126 Rue de l’Université, 75355 Paris 07 SP

Permanence parlementaire 123 Rue de Périgueux 16000 Angoulême

Téléphone : 05 16 53 07 83

rene.pilato@assemblee-nationale.fr

Votre député sur les réseaux:

En savoir plus sur Site de René Pilato, député de Charente

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture