René Pilato a été interpellé concernant les Zones à Faibles Émissions (ZFE). En accord avec le programme de La France Insousime, il les juge comme injustes socialement et inefficaces écologiquement, et appelle à une écologie populaire garantissant le droit à la mobilité. Il propose des alternatives crédibles à la voiture individuelle et un véritable investissement dans les transports publics et l’aménagement du territoire.
Réponse du député:
Madame, Monsieur,
Vous m’avez récemment interpellé concernant la suspension des ZFE (Zones à faibles émissions). Les Zones à Faibles Émissions (ZFE) incarnent parfaitement une décision technocratique déconnectée des réalités sociales et territoriales du pays. Dès 2019, La France insoumise fut le seul groupe parlementaire à s’y opposer.
Contrairement à d’autres formations, nous avons toujours défendu une écologie populaire, refusant de faire peser sur les plus précaires la responsabilité de l’inaction écologique de l’État.
L’inaction des gouvernements successifs a nourri une colère grandissante dans tout le pays. Cette contestation populaire a conduit, le 28 mai dernier, à un vote de l’Assemblée nationale en faveur de la suppression des ZFE. Si cette décision n’a pas encore valeur de loi, elle constitue un désaveu cinglant pour la majorité macroniste, après six années d’un dispositif à la fois injuste sur le plan social et inefficace sur le plan environnemental.
À La France insoumise, nous défendons une écologie qui garantit le droit à la mobilité. Aujourd’hui, 15 millions de personnes en France vivent en situation de précarité mobilité, un chiffre appelé à augmenter avec le durcissement du calendrier des ZFE. Pour lutter contre cette injustice – qui rappelle les origines du mouvement des Gilets jaunes – mon collègue député LFI de l’Hérault, Sylvain Carrière, a déposé deux propositions de loi en 2023 et 2025, que j’ai co-signées. Ces textes visent à conditionner la mise en place des ZFE à l’existence d’alternatives crédibles à la voiture individuelle.
La voiture a un coût contraint, souvent exorbitant : entre 300 et 400 euros par mois selon qu’on habite en zone rurale ou périurbaine. Et ce, alors que la voiture représente à elle seule 16 % des émissions de gaz à effet de serre. Les ZFE ne remettent pas en cause cette dépendance structurelle à l’automobile et ne règlent pas non plus le problème majeur de santé publique lié à la pollution de l’air.
Si nous voulons réellement améliorer la qualité de l’air, il faut cibler en priorité les acteurs qui ont les moyens de réduire leurs émissions, et non pas stigmatiser celles et ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser un véhicule ancien pour aller travailler, accéder aux services publics ou réaliser leurs déplacements du quotidien.
Depuis la libéralisation du fret ferroviaire en 2006, ce sont deux millions de camions supplémentaires – à 99 % au diesel – qui circulent sur nos routes, notamment sur les autoroutes à proximité des agglomérations, sans aucune restriction ZFE.
De plus, aucune politique gouvernementale n’est portée pour réduire les flux routiers et l’utilisation de la voiture, en rapprochant les lieux de services, privés ou publics, des lieux d’habitation.
C’est même le contraire qui s’opère, puisque le gouvernement continue de fermer des services publics de proximité (écoles, services hospitaliers, maternité, bureaux de poste, centres des impôts etc.) et que rien n’est fait pour protéger les commerces de proximité face à l’extension des grandes surfaces commerciales et à la concurrence déloyale.
Là aussi, nous nous sommes battus avec le groupe de la France Insoumise lors de la bataille du budget pour lutter contre les fermetures des services publics. Or suite au 49-3 de François Bayrou, les groupes RN et PS ont refusé de voter la motion de censure, validant de fait les coupes budgétaires et les fermetures de services publics. Concernant le commerce de proximité, mes collègues députés LFI, François Piquemal et Alma Dufour ont déposé une proposition de loi, que j’ai co-signée, visant à le préserver et le favoriser.Pour en revenir aux ZFE, à la France Insoumise, nous portons une vision de l’écologie qui ouvre des droits nouveaux : le droit de se déplacer de manière écologique, le droit à un environnement sain, et le droit à un espace urbain 100% accessible à toutes et tous, notamment aux personnes en situation de handicap. Mais cela suppose des moyens et une véritable planification écologique, avec des budgets à la hauteur des enjeux.
Nous sommes donc pour le développement de transports en commun, hautement cadencés sur toute la journée, finement maillés, et économiquement accessibles permettant un report modal tout en garantissant le droit à la mobilité. Ce développement doit s’intégrer selon les besoins des populations, dans un schéma plus large d’intermodalité. Le développement des mobilités actives et des pôles d’échanges multimodaux est la garantie d’une bifurcation efficace des mobilités. La voiture restera nécessaire pour certains usages, mais aller vers sa réduction dans l’espace public suppose de repenser l’aménagement du territoire, pas de culpabiliser les automobilistes.
Pour plus d’informations concernant mon travail parlementaire, vous pouvez consulter mon site internet renepilato.fr
Restant à votre écoute,Bien cordialement
René Pilato, Député de Charente
Vous aussi utilisez les différents contacts du député pour lui poser vos questions.

















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