L’Assemblée Générale du GDSA 16 ce vendredi 20 juin a souligné les nombreux défis de l’apiculture en Charente : changement climatique, frelons, varroa, manque de bénévoles et risques réglementaires. L’association reste active et engagée pour soutenir les apiculteurs et sensibiliser le public à l’importance des abeilles.

Dès les premières prises de parole, le ton était clair : l’apiculture est confrontée à des défis de plus en plus complexes. Le changement climatique, avec ses épisodes de pluies intenses et irrégulières ou les fortes chaleurs, rend les récoltes imprévisibles. Cette année, de nombreux apiculteurs ont dû nourrir leurs abeilles, faute de miellée suffisante. Heureusement, le tournesol a permis de limiter les pertes, offrant une source de nectar salvatrice pour les colonies.
Parmi les menaces les plus pressantes, le frelon asiatique. Sa prolifération inquiète, et on note même un comportement inquiétant chez le frelon européen, qui semble adopter les mêmes techniques d’attaque à l’entrée des ruches. Ont été aussi évoqués, les pièges achetés et installés par Grand Angoulême : malgré leur bonne intention, ce sont des pièges non sélectifs qui ont été achetés et ils nuisent à de nombreux autres insectes utiles.
Côté santé des abeilles, l’intervention du vétérinaire a rappelé l’omniprésence du varroa destructor, un parasite redoutable. On a comparé sa taille, rapportée à l’abeille, à celle d’un lièvre sur un corps humain. Ce minuscule vampire affaiblit les colonies et ouvre la porte à de nombreuses maladies. Les traitements sont administrés deux fois par an, dans le cadre de commandes groupées, organisées par le GDSA et le vétérinaire. Les produits usagés sont ensuite récupérés.
L’association comptait en 2024, 99 adhérents, en grande majorité des apiculteurs possédant entre 1 à 25 ruches. Mais comme dans beaucoup d’associations, le manque de bénévoles se fait sentir. Pourtant, le GDSA 16 reste très actif : il participe à des événements comme la fête médiévale de Barbezieux, la fête de la Terre, organise des formations au rucher-école, et publie chaque semaine un bulletin d’information apprécié de tous.
L’importance de la formation a été fortement soulignée. Beaucoup s’installent sans connaître leurs obligations : il faut déclarer sa première ruche ==> obligation d’obtenir un numéro NAPI, Numéro d’Apiculteur, connaître les règles sanitaires, et signaler tout déplacement de ruches. Des TSA (Techniciens Sanitaires Apicoles), formés sur 7 jours parmi les bénévoles volontaires, sont là pour accompagner les adhérents sur demande.
Un apiculteur qui ne respecte pas la réglementation sanitaire met en péril l’ensemble des ruches aux alentours sachant que les abeilles parcourent jusqu’à 3 km à la ronde et butinent les fleurs en commun, il y a donc transmission des parasites.
Concernant les projets pour 2025, plusieurs pistes ont été évoquées :
- Continuer le groupement d’achats de médicaments en lien avec la fédération
- Mieux faire connaître l’association auprès du grand public via des actions en milieu scolaire, et pourquoi pas obtenir un agrément DSDEN (Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale)
- Renforcer la visibilité sur les réseaux sociaux, en particulier la page Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=61556770484787&locale=fr_FR
Et enfin, explorer l’adhésion au FMSE (Fonds de Mutualisation Sanitaire et Environnemental), qui permettrait de bénéficier d’aides financières (1 € cotisé = 3 € redistribués).
Enfin, lors de la réunion, un membre de l’ADANA (Association de Développement Apicole en Nouvelle Aquitaine) , Jonathan GABOULAUD, nous a présenté un diaporama, fort instructif, sur le parasite Varroa, toutes les ruches semblent concernées et une surveillance et un traitement sont essentiels.
Lors de cette rencontre, un courrier du député a également été remis à l’association, concernant la loi Duplomb, qui pourrait réintroduire certains néonicotinoïdes dans les traitements agricoles. Ces pesticides sont particulièrement toxiques pour les pollinisateurs, et leur usage va clairement à l’encontre des efforts déployés par les apiculteurs pour protéger les colonies et notre santé à toutes et tous.
Cette assemblée était très agréable, il y a eu un véritable dialogue entre les personnes présentes, un beau témoignage de leur implication et de leur participation à prendre soin des abeilles. L’apiculture est un pilier essentiel de la biodiversité, et chaque ruche compte. Merci à eux.
Aude Marchand






















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