Fin de vie: le grand discours d’explication de texte.

Le mardi 26 mai, l’explication du texte sur la loi sur la fin de vie à l’Assemblée Nationale.

«Dans certains cas, la médecine ne peut rien face à des pathologies aux souffrances réfractaires.
Où est la liberté quand on est contraint d’accomplir cet acte clandestinement ?
Où est l’égalité quand seuls ceux qui en ont les moyens peuvent échapper à l’agonie ?
Où est la fraternité quand on se retrouve seul face à des souffrances insupportables?»

Le discours dans son intégralité:

Madame la présidente, Madame la ministre
Monsieur le président, Monsieur le rapporteur Chers collègues

La question est :
À qui appartient mon corps ?
Différents cadres de pensées tentent d’y répondre.
Un cadre humaniste dans lequel chacun est libre de disposer totalement de son corps,
Un cadre religieux dans lequel notre corps appartient à une autorité supérieure
on n’en fait pas ce que l’on veut.

Ces deux cadres ont chacun leurs croyances.

Entre les deux, le cadre républicain et laïque qui, alimenté par la Philosophie la Science, et sous tutelle de la raison, permet le vivre ensemble dans la diversité des opinions.

Et c’est la loi de 1905 qui acte que la foi n’est pas la loi.

Cette loi d’émancipation garantit la liberté de conscience.

Ainsi, en France nous disposons de notre corps mais avec des règles, comme pour l’IVG et la PMA. La loi interdit la vente d’organes par exemple mais autorise l’IVG.

En conséquence la loi du droit à l’aide à mourir pensée et amendée par les députés dans ce cadre républicain et laïque garantit la clause de conscience.

À ceux qui nous écoutent qu’ils sachent que quelles que soient ses opinions politiques le vote de chaque député dans cet hémicycle montre sa capacité à s’inscrire ou non dans notre cadre républicain et laïque.

Nous, ici, représentants du peuple devons avoir la laïcité comme ciment de nos valeurs.

Dans ce moment solennel et bien qu’ils aient transpiré dans nos débats nous devons laisser aux portes du Palais Bourbon nos dogmes et nos croyances.

Malgré tout, des débats de haute tenue ont consolidé ces deux textes complémentaires.
Le groupe La France Insoumise a obtenu le droit opposable aux soins palliatifs et c’est bien ce droit opposable qui donne toute sa force au second texte.

Nos pensées vont aux soignants et aux aidants qui accompagnent la fin vie.
Leur engagement les honorent et au nom de mon groupe je leur exprime notre profonde gratitude pour leur humanité et leur fraternité quotidienne.

Ils sont aujourd’hui protégés par la loi Claeys-Léonetti qui autorise dans les tous derniers instants la sédation profonde et continue jusqu’au décès par arrêt de l’alimentation et de l’hydratation.
Cela dure de quelques heures à quelques jours mais plus cela dure, plus c’est difficile pour les proches.

Cette loi, qui a été un grand progrès ne répond pas à toutes les situations.
Dans certains cas la médecine ne peut rien elle ne peut rien face à des pathologies aux souffrances réfractaires et elle ne peut rien quand ces pathologies progressent.

Dès lors vivre se transforme en agonie des semaines durant.

Quand notre corps devient une prison l’ultime liberté est de pouvoir quitter cette prison.

Tranquilliser ses proches et leur dire :  » Merci de comprendre avec tout l’amour que vous me portez ma douleur et ma souffrance. Merci d’être là pour mon ultime liberté. Nous tous, serons apaisés « 

Cet acte aidera celles et ceux qui restent à mieux vivre ce dénouement inéluctable.

Où est la liberté quand on est contraint d’accomplir cet acte clandestinement ?
Où est l’égalité quand seuls ceux qui en ont les moyens peuvent échapper à l’agonie ?
Où est la fraternité quand on se retrouve seul face à des souffrances insupportables ?

Cette loi du droit à l’aide à mourir vient combler ces manques.

C’est donc notre cadre républicain et laïque qui permettra en toute légalité
une demande du libre choix de ne pas agoniser des semaines durant et de se faire accompagner en fraternité par la puissance publique.

Ce nouveau droit ne nuit à personne et ne trouble pas l’ordre public.
Je cite ici Olivier Falorni « On ne force personne à rien du tout ni à vivre en souffrance
ni à mourir avec une aide ni à renier ses idées nul n’a le devoir d’adhérer à un changement de société mais nul n’a le droit d’imposer sa vérité aux autres en les empêchant d’être libres »

Le temps est venu pour moi d’avoir une pensée spéciale pour une personne très proche. Elle cumulaient les cinq critères et j’imagine que nous aurions pu choisir ensemble la date de fin de ses souffrances si cette loi avait existé.
Son choix pour cette date fut solitaire.

Rien ne révèle mieux l’âme d’un pays que la façon dont il accompagne ses personnes les plus fragiles.

Pour toutes ces raisons Le groupe La France Insoumise votera cette loi.

Pour ces mêmes raisons très chers collègues votez ce texte ou abstenez-vous.

Je vous remercie.

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