René Pilato a commémoré le génocide des tziganes au camp d’internement des Alliers d’Angoulême. Il a rappelé l’importance de la mémoire pour empêcher la répétition de l’horreur et a souligné l’importance de l’unité républicaine.
» Madame la préfète, monsieur le président, monsieur le maire, Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités.
Le génocide des tziganes est un fait historique encore méconnu du grand public. J’aimerais tout d’abord parler de l’émotion que l’on peut ressentir dans ce lieu chargé d’histoire et d’horreur.
De juillet 1938 à mai 1946, le camp des Alliers d’Angoulême aura été le camp français qui aura fonctionné le plus longtemps. Ici, en juillet 1939, 800 réfugiés Espagnols, des républicains ayant fui le fascisme de Franco, ont été internés puis déportés au camp de concentration de Mauthausen en août 1940.
Dès septembre 1940, une soixantaine de tziganes, expulsés suite à l’annexion de l’Alsace-Lorraine par Adolf Hitler, sont regroupés et internés dans ce camp. Le mois suivant, le préfet de Charente, aux ordres de la Kommandantur, y rassemblera tous les tziganes de Charente et de Charente Maritime, encadrés par la Police française. 450 personnes seront internées. 60% étaient des enfants.
En décembre 1941, même les autorités allemandes relevaient les conditions de vie indignes à l’intérieur du camp des Alliers. Hommes, Femmes et Enfants y connurent l’horreur, l’humiliation, la faim, le froid, la maladie, la barbarie, la mort. Le camp des Alliers ne fut pas le seul.
Entre 1940 et 1946, au moins 6500 hommes, femmes et enfants tziganes furent internés en France. Un grand nombre d’entre eux périront dans les camps nazis, avec la complicité de l’administration française et de l’État français dirigé par le Maréchal Pétain. Voilà ce que peut devenir la France quand la République n’y est plus chez elle. Les tziganes, comme les juifs, les homosexuels, les personnes en situation d’handicap les opposants politiques… ont été essentialisés discriminés, fichés, arrêtés, enfermés, exterminés.
Voilà à quoi peut mener la hiérarchisation du genre humain.
Voilà à quoi peut conduire une politique de contrôle des populations.
Nous sommes rassemblés aujourd’hui, pour rappeler ce qui a pu se passer et garder à l’esprit que l’horreur et la barbarie ont été et peuvent être à nouveau. Nous sommes ici pour dire avec force et conviction : « Plus jamais ça ! ». « Plus jamais ça ! » là est le sens de notre rassemblement.
À l’heure où certains cherchent à essentialiser des humains, à l’heure où certains cherchent à diviser la communauté nationale en fonction de l’origine, du mode de vie ou de la religion, l’histoire nous impose de ne jamais laisser passer les discours ou les actes de haine et de division.
Ces événements passés nous obligent un devoir de mémoire à l’égard de celles et ceux qui ont vécu cette tragédie douloureuse, nous obligent un devoir humain de fraternité, celui de rappeler à chaque instant et dans chaque circonstance, la pure, la naturelle et l’entière similitude des êtres humains entre eux.
L’actualité nous montre jusqu’à quels excès peut mener la vaine recherche d’une définition ethnique de la nationalité. Il en va de ce que nous voulons vivre en commun.
Ce qui doit faire France à nos yeux, c’est la république une et indivisible, c’est la république laïque, démocratique et sociale car elle nous rend libres, égaux et fraternels. «
René Pilato
Député de Charente

















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