Contrairement à ce que certains racontent, ce qui a été voté à l’Assemblée nationale ce jeudi 12 novembre n’organise pas la suspension de la réforme des retraites. Ce qui est prévu, des mots même d’Emmanuel Macron, c’est un décalage de l’application de la réforme Borne. Explications.
Après l’arnaque du conclave de Bayrou, voici l’anarque de la fausse suspension facturée sur le dos des français et des retraités eux-mêmes.
Un décalage de 3 mois pour les générations 1964-1968
- Le texte entérine le passage de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, mesure contre laquelle le pays s’est largement mobilisé.
- Concrètement voici ce que prévoit le texte voté :
- Ceux nés en 1969 partiront à 64 ans en 2033.
- Ceux nés en 1968 partiront à 63 ans et 9 mois.
- Ceux nés en 1967 partiront à 63 ans et 6 mois.
- Ceux nés en 1966 partiront à 63 ans et 3 mois.
- Ceux nés en 1965 partiront à 63 ans.
- Ceux nés en 1964 et 1963 partiront à 62 ans et 9 mois.
Soit un départ anticipé de 3 mois pour les personnes nées entre 1964 et 1968 (à condition d’avoir tous ses semestres). Pour les personnes nées après 1968, aucun changement, la réforme Borne s’applique de la même manière, à savoir 64 ans.

En réalité aucun français ne sera gagnant, ni même les générations 1964-1968
Ce décalage nécessite entre 300 et 400 millions de recettes supplémentaires dès 2026. Dans le même temps, le gouvernement prévoit :
– de prendre 2 milliards d’eurosen gelant les pensions de retraite pendant 4 ans
– et/ou de prendre 2,3 milliards d’euros en doublant les franchises médicales.
Ainsi les générations 1964-1968 qui bénéficieront du décalage de 3 mois en vérité paieront d’avantage et seront perdantes.
Manuel Bompard a interpellé le gouvernement pour que celui-ci prenne l’engagement de ne pas reprendre encore plus de la main droite le peu qui a été donné de la main gauche. Le gouvernement ne l’a évidemment pas fait.
Une manœuvre grossière du gouvernement réalisée avec la complicité du PS
L’assemblée nationale n’avait jusqu’ici jamais voté pour la retraite à 64 ans, passée en force par 49-3. C’est désormais chose faite, grâce aux votes favorables des députés RN, PS et de certains écologistes.
Des amendements allant dans le sens d’une suspension réelle de la réforme de la retraite à 62 ans et 9 mois pour tous, ont été déposés afin de permettre réellement le gel de la réforme en attendant la présidentielle de 2027. Ces amendements ont été jugés irrecevables.
Cette manœuvre orchestrée par le PS et le gouvernement consiste à :
– se démarquer de la France Insoumise (qui a évidemment rejeté ce texte) et éviter un retour aux urnes pour le PS
– diviser le NFP et s’assurer du soutien du PS pour poursuivre sa politique et éviter le vote d’une motion de censure pour Macron et Lecornu
Le programme du NFP et les intérêts populaires restent et resteront la boussole de la France Insoumise.
















Laisser un commentaire