Un point sur la conjoncture agricole au lycée L’Oisellerie

Ce moment visait à faire le point sur la conjoncture agricole du département et à présenter les dispositifs d’accompagnement existants pour aider les exploitants en difficulté. La rencontre a débuté par un rappel du rôle fédérateur de la Chambre d’Agriculture : créer un espace d’échange et de soutien entre agriculteurs, afin de ne pas rester seuls face aux difficultés économiques et humaines que traversent les filières.

La filière viticole, notamment celle du cognac, connaît une crise profonde marquée par une chute importante des ventes à l’export. La guerre commerciale entre l’Europe, les États-Unis et la Chine, la baisse de consommation mondiale d’alcool, le ralentissement économique chinois et la hausse des coûts de production fragilisent lourdement les producteurs. Les volumes restent historiquement élevés, mais les charges explosent. Certains envisagent déjà des mesures structurelles comme l’arrachage de vignes anciennes, faute de perspectives suffisantes. Les productions végétales souffrent également d’un contexte très tendu. L’instabilité des marchés liée à la guerre en Ukraine, la hausse du coût de l’énergie et des intrants et les conditions climatiques défavorables pèsent lourdement sur les trésoreries. Les contraintes réglementaires, comme la directive nitrates, réduisent les marges de manœuvre techniques, tandis que les prix à la vente stagnent. Les exploitants se retrouvent pris entre exigences écologiques, pressions économiques et concurrence internationale, notamment du Mercosur. Le secteur de l’élevage se porte globalement mieux, notamment la filière bovine qui bénéficie de prix historiquement hauts en raison d’une baisse des effectifs et de la demande stable. Cependant, des inquiétudes subsistent : la tuberculose bovine progresse, les crises sanitaires liées à la FCO et à la MHE fragilisent les cheptels, et les risques d’importations massives de viande étrangère menacent les débouchés. L’élevage demeure toutefois une piste de diversification pour les exploitants de grandes cultures, permettant de valoriser les productions locales et d’assurer des revenus plus stables.

Sur le plan général, plusieurs défis structurels pèsent sur l’agriculture : instabilité politique, hausse des coûts (notamment avec la taxe carbone), baisse programmée des aides de la PAC, accords commerciaux défavorables et endettement public croissant qui empêche l’Etat d’investir comme il le faudrait. Ces facteurs conjugués font peser une grande incertitude sur les exploitations. Certaines pistes d’adaptation sont évoquées : mutualisation des équipements, coopération entre exploitants, stockage collectif ou réorientation des pratiques pour réduire les charges.

Face à cette situation, des dispositifs d’accompagnement sont rappelés. La cellule « Réagir », pilotée par la Chambre d’Agriculture, propose un suivi personnalisé des exploitants en difficulté avec l’appui de partenaires publics (État, MSA, conseil départemental, Banque de France). Son objectif est d’apporter un diagnostic global, de coordonner les aides financières, techniques et humaines, et d’intervenir précocement pour éviter les situations irréversibles. La Banque de France, présente dans la démarche, explique son rôle d’analyse et d’appui financier. Grâce à la centralisation des données d’endettement et d’impayés, elle peut établir des diagnostics et proposer des solutions avant que la situation ne se dégrade. Son accompagnement, gratuit, vise à rétablir la confiance entre les exploitants et leurs partenaires bancaires. Enfin, la sous-préfecture de Cognac a mis en place un « guichet unique » pour simplifier l’accès aux aides et coordonner les différents services de l’État. L’objectif est d’intervenir rapidement, avant que les entreprises n’atteignent le stade du redressement judiciaire. Le conciliateur de justice a rappelé l’importance du règlement amiable, spécifiquement adapté au monde agricole, pour réorganiser les dettes et redonner de la visibilité aux exploitants.

L’ensemble des intervenants ont insisté sur la nécessité d’agir tôt, de renforcer la coopération entre acteurs publics et agricoles, et de maintenir le dialogue. Dans leurs remarques en fin de présentations, les agriculteurs présents ont insisté sur le fait que l’accompagnement était nécessaire mais insuffisant : il faut avant tout mettre les conditions en place pour qu’ils puissent vivre de leur travail. La concurrence internationale est justement pointée du doigt, il est évident qu’il y aura toujours des pays qui produiront moins cher et avec de moindres normes qu’en France. L’exemple a été donné dans la filière céréalière, dont les coûts de productions sont plus importants de les prix de vente depuis 3 ans. A cela s’ajoute l’épuisement professionnel et une prise en charge difficile des arrêts maladie et des congés parentaux,

Selon nous, les problèmes ne sont pas les normes ou les charges, mais bien la mise en concurrence avec des pays qui ne restent pas ces mêmes conditions y compris au sein de l’Union européenne. C’est là la source de tous les maux des agriculteurs, et nous nous réjouissons que plusieurs d’entre eux aient mentionné la mise en place d’une forme de protectionnisme.

Eileen Chaix

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