Prisons: Rencontre avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation.

Dans le cadre de la journée nationale de mobilisation du lundi 5 mai, Aude Marchand a rencontré l’équipe du SPIP d’Angoulême pour échanger autour de leurs missions, des conditions d’exercice de leur travail, et des revendications portées au niveau national. À cette occasion, nous avons également croisé M. Patrone, directeur du centre pénitentiaire d’Angoulême, ainsi que le directeur adjoint du SPIP.


Le rôle du SPIP est central : il accompagne les personnes placées sous main de justice pour prévenir la récidive, favoriser la réinsertion et soutenir une réintégration citoyenne. Leur travail mêle évaluation, accompagnement, contrôle et lien avec les partenaires sociaux. Pourtant, les moyens alloués ne sont pas à la hauteur de leurs missions.
La situation est particulièrement préoccupante. Les effectifs sont en baisse, alors que le nombre de personnes suivies ne cesse d’augmenter. En Charente, par exemple, 1 429 personnes étaient suivies par 24 CPIP et 4 adjoints administratifs en 2021. En mars 2025, le SPIP faisait état de 1 480 personnes suivies — soit +9 % — avec 4 CPIP, un agent administratif et un agent de surveillance électronique en moins. Et l’année n’est pas encore terminée.
Au niveau national, plus de 257 000 personnes sont suivies par les SPIP. Malgré cela, les budgets stagnent, et une partie des financements semble redirigée vers des associations extérieures parfois concurrentielles. Les personnels dénoncent ce manque de reconnaissance et de moyens humains comme matériels.

Les revendications exprimées sont simples :

  • Une revalorisation salariale, avec augmentation du point d’indice ;
  • Une revalorisation de la prime de suggestions spéciales pour la filière insertion-probation ;
  • Des recrutements pluriannuels et pluridisciplinaires, en intégrant l’importance de métiers complémentaires (ex. coordinateurs culturels) pour lesquels il serait pertinent de créer un corps spécifique ;
  • La création d’une peine de probation autonome, permettant un suivi responsabilisant, sans incarcération systématique ;
  • La reconnaissance de la mission de contrôle dans un cadre proportionné, respectant la vocation humaniste de la peine.

Les agents du SPIP rappellent que leur action n’est pas simplement administrative ou judiciaire : elle porte un projet de société où la justice vise à réparer, à prévenir la récidive et à construire un retour possible dans la citoyenneté. Pour cela, des conditions de travail dignes et cohérentes sont indispensables.

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2 réponses à « Prisons: Rencontre avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation. »

  1. […] Retrouvez notre reportage sur notre article dédié. […]

  2. […] En mai nous avons parlé santé, avec bien sûr en Charente la question de la lutte contre les déserts médicaux (ici). Nous avons aussi été dans nos prisons, à la rencontre du service pénitentiaire d’insertion et de probation (ici). […]

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