Soutien aux salariés de Naval Group et enjeux de Défense et de souveraineté nationale

Depuis vendredi 14 mars, un mouvement social d’envergure secoue Naval Group, leader français de la construction navale de défense. Alors que le coût de la vie et les dépenses contraintes ont explosé, les salariés réclament une distribution plus juste du fruit de leur travail.

Les revendications des salariés portent sur des mesures salariales supplémentaires, notamment un treizième mois. Les négociations annuelles obligatoires (NAO), signées entre la direction de Naval Group avec 3 syndicats, se sont traduites par l’octroi d’une prime de 600€ par an par salarié, une somme trois fois moins importantes que les revendications initiales, qui n’ont pas compensé la perte de pouvoir d’achat.

Il réclament également l’ouverture de discussions suite à la dégradation des conditions de travail du fait de la récente révision à la baisse de la convention collective de la métallurgie : travail le dimanche, recours aux heures supplémentaires au détriment de l’emploi et des difficultés d’évolution professionnelle, projet de travail en trois 8 etc…

Les salariés constatent la multiplication des accidents, notamment des malaises dus à la pression. Les salariés blessés sont souvent culpabilisés et se voient proposer des postes alternatifs pour éviter les arrêts de travail, ce qui conduit à une sous-déclaration des accidents.

Naval group a atteint des profits record !  Avec un chiffre d’affaires record en 2024 de 4,35 milliards d’euros et des bénéfices de plus de 266 millions d’euros, les prises de commande de 2024 (8,2 milliards d’euros) et des carnets de commandes à fin 2024 de 18,2 milliards d’euros, le groupe va bénéficier de nouvelles commandes de par le passage en économie de guerre.

Alors que l’intéressement des salariés a été divisé par deux, aggravant la perte de pouvoir d’achat, et que les dividendes aux actionnaires ont franchis la barre des 132 millions d’euros, la demande d’un 13ème mois pour les salariés pour faire face à la baisse du pouvoir d’achat est légitime et souhaitable. En effet augmenter le pouvoir d’achat des plus de 1000 salariés du groupe à Ruelle, impactera la consommation et redynamisera l’économie locale dans le bassin d’Angoulême et plus généralement en Charente.

Les actions de protestation varient selon les sites du groupe. A Ruelle-sur-Touvre, le mouvement est très suivi, tant en production qu’au sein des services tertiaires, avec environ 160 participants à l’action organisée devant l’entrée ce mercredi 17 mars. Sur les autres sites, des tracts sont distribués pour informer et mobiliser les collègues. Le risque de blocage de bâtiments est réel, nécessitant une réaction rapide de la direction. Aujourd’hui deux sites sur les 10 de Naval Group sont en grève.

Le mouvement devrait se poursuivre au moins jusqu’à la semaine prochaine. Les salariés sont déterminés à obtenir des améliorations significatives de leurs conditions de travail et de leurs rémunérations, tout en dénonçant une stratégie d’entreprise qu’ils jugent dangereuse pour la défense française.

Les salariés voient leur entreprise changer. Naval group ne se contente plus de produire pour répondre aux besoins du pays en termes de défense nationale, mais cherche de nouveaux marchés à l’international.

Les salariés rencontrés dénoncent ainsi « une course aux profits au détriment des conditions de travail et de la souveraineté du pays » ainsi que « la vente d’armes qui alimentent des conflits, comme en Azerbaïdjan, ou avec les nouveaux contrats avec l’Arabie Saoudite ».

Aujourd’hui le groupe vit à 80 % de la commande publique de l’État français pour la marine nationale, pour 20% de production pour l’exportation. L’objectif de la direction du groupe serait d’arriver à atteindre un objectif de 40%.

Les salariés posent également la question de la réorganisation et de la sous-traitance.

L’augmentation de la demande de production a conduit à une réorganisation de l’entreprise. Naval Group emploie 1079 salariés sur le site de Ruelle, auxquels s’ajoutent 20% d’intérimaires et des sous-traitants pour les fonctions supports, notamment le développement des logiciels de conduite. La sous-traitance de l’ingénierie à Cherbourg et le risque similaire à Ruelle, site stratégique, inquiète les salariés. Les pièces fournies par les sous-traitants, bien que certifiées conformes, nécessitent souvent des reprises par Naval Group, révélant une recherche excessive de profit.

Conscients des enjeux de souveraineté et de sécurité que supposent la production de matériel de défense, ils alertent sur la sous-traitance en cascade, avec au bout de la chaîne certaines productions qui peuvent être réalisées en dehors du pays ou dans des conditions qui ne permettent pas d’assurer une traçabilité sécurisée de la production.



Le projet précipité du gouvernement ne présente aucune vision. Nous portons au contraire un programme de planification, au service de notre souveraineté et de la paix !


Retrouvez le programme Défense de la France Insoumise :
https://programme.lafranceinsoumise.fr/livrets/defense/

Retrouvez le contre-projet de programmation militaire :
https://lafranceinsoumise.fr/2023/05/22/loi-de-programmation-militaire-notre-contre-projet/

Anthony Brondel

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Une réponse à « Soutien aux salariés de Naval Group et enjeux de Défense et de souveraineté nationale »

  1. […] La désindustrialisation: avec une année marquée par les luttes de salariés face à la fermeture de leurs entreprises, comme ceux de Naval Group (ici) […]

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