Mieux comprendre: comment l’extrême droite s’est alliée à la macronie et à la droite sur le budget


À méditer pour les électrices et électeurs du RN… N’hésitez pas à partager ce texte autour de vous !

Le mardi 12 novembre 2024 lors du vote sur la partie recette du budget de l’Etat (PLF), les députés du RN se sont alliés aux députés macronistes, LR, Horizons et Modem en votant contre le budget amendé par le Nouveau Front Populaire, qui prévoyait de taxer les super riches afin d’épargner la population de moins de  pouvoir d’achat et de renforcer les services publics.

Le NFP a transformé la partie recette du budget de Barnier pour en faire un budget NFP-compatible, avec 75 milliards d’€ de recettes nouvelles, et 17 milliards de dépenses nouvelles, comme l’annulation de la taxe sur l’électricité pour contenir la flambée des factures de tout le monde.


Voici quelques exemples d’amendements que nous avons soutenu et réussi à faire adopter en séance à l’Assemblée Nationale, contre l’avis du gouvernement :


Pour les recettes supplémentaires :

  • Impôt Zucman – Taxe 2% du patrimoine supérieur à 1 milliards d’euros, 26 milliards de recettes nouvelles (amendement i-1865 LFI)
  • Rétablissement progressif de la CVAE (cotisation sur la valeur ajouté des entreprises) sur toutes les entreprises aux Chiffres d’affaires supérieur à 1 Milliard € y sont assujetties (amendement i-2520 LFI)
  • Taxe à 10% les dividendes distribués par les entreprises du CAC 40. (amendement i-2013 LFI)

Pour le pouvoir d’achat :

Mais le RN s’est allié à la Macronie pour voter contre ce budget transformé !


La partie « recettes » du budget n’ayant pas été adoptée, l’examen du PLF s’arrête à l’Assemblée nationale et la partie « dépenses » ne sera pas débattue, l’ensemble du PLF étant considéré comme rejeté. Le gouvernement va transmettre son texte dans sa version initiale au Sénat, qui commencera son examen le 25 novembre prochain.


Sur la partie recette du budget de la sécurité sociale (PLFSS), Barnier et Macron ont été désavoués.

Plutôt que de faire payer le peuple, avec le Nouveau front Populaire, nous avions réussie à lever 20 milliards d’euros sur les grandes fortunes pour financer la santé. Les coupes budgétaires du gouvernement n’avaient plus de raison d’être. Et il restait encore 5 milliards d’euros dans la caisse.

Nous avons réussi à obtenir des majorités à l’Assemblée nationale sur certains amendements pour défendre l’accès à la santé, contre l’avis du gouvernement.

Voici quelques exemples :

Partie recettes :

  • Soumettre à cotisations sociales les dividendes, l’intéressement et la participation, les plus values de levée-vente d’actions (amendement LFI)
  • Principe de compensation de toute nouvelle exonération de cotisations (amendement LFI)
  • Hausse du taux de CSG (de 9,2% à 12%) sur les revenus du capital (amendement NFP)

Partie dépenses :

Le 5 novembre 2024, devait avoir lieu le vote sur le budget de la sécurité sociale. Mais, les députés/soutiens de Barnier/Macron ont joué l’obstruction parlementaire, pour permettre au gouvernement de passer en force par le 47,1, un 49,3 moins visible.


L’article 47-1 de la Constitution, prévoit « Si l’Assemblée nationale ne s’est pas prononcée en première lecture dans le délai de vingt jours après le dépôt d’un projet, le Gouvernement saisit le Sénat qui doit statuer dans un délai de quinze jours.».

Ainsi le projet de budget de la sécurité sociale sera débattu à partir du 18 novembre au sénat, sans que l’Assemblée Nationale n’est pu se prononcer sur le texte. Ce coup de force permettra au gouvernement de transmettre sa propre version du texte et de conserver de manière discrétionnaire les amendements « qui ont reçu un avis favorable du gouvernement ».



Le projet de loi de finance (PLF) et projet de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS), une fois étudié par le sénat, reviendront pour une seconde lecture à l’Assemblée nationale.

Si le gouvernement passe en force avec un 49.3,  nous déposerons et voterons une motion de censure avec le groupe LFI-NFP.

Après avoir sauvé Emmanuel Macron d’une procédure de destitution et Michel Barnier d’une première motion de censure, le RN reviendra-t-il une fois de plus à leur secours ?

Anthony Brondel

Articles les plus lus:

2 réponses à « Mieux comprendre: comment l’extrême droite s’est alliée à la macronie et à la droite sur le budget »

  1. […] A lire aussi, notre article “Mieux comprendre” sur le budget et la collaboration du RN avec la droite. […]

  2. […] Bonjour,Nous avons bien reçu votre message et nous vous en remercions.Cette situation budgétaire est le résultat des politiques menées depuis des dizaines d’années, visant à baisser les recettes de l’Etat et à créer des dépenses « niches fiscales » bénéficiant aux plus riches, essentiellement aux très grandes fortunes et multinationales, sans que ces mesures n’aient eu d’impact sur l’activité (exemples : CICE, crédit impôt recherche, suppression de l’ISF etc.) .https://www.mediapart.fr/journal/france/180920/l-echec-du-cice-confirmeJe ne reviendrais pas sur les mensonges de Bruno Le Maire qui a caché l’échec de ses prévisions et le dérapage budgétaire du fait de sa mauvaise gestion, ni le laisser faire qui a suivi – pour éviter une plus grosse défaite lors des élections européennes puis législatives partielles – ce qui a empêché la représentation nationale de prendre des mesures budgétaires d’urgence courant 2024.https://www.ladepeche.fr/2024/10/12/budget-2025-des-notes-confidentielles-revelees-bruno-le-maire-a-t-il-volontairement-cache-le-derapage-du-deficit-lannee-derniere-12254804.phpOn pourrait également évoquer sur les origines structurelles de la dette publique, les contraintes du traité de Maastricht qui impose aux Etats européen d’emprunter sur les marchés financiers et auprès des institutions bancaires privées à des taux variables définis par les agences de notations, plutôt que de passer directement à des taux faibles par la banque centrale européenne, comme c’est le cas dans la plupart des pays du monde et en France avant 1974 sous De Gaulle ou Pompidou.Pour information, nous avons fait voter à l’Assemblée Nationale lors du précédent budget étudié fin 2024, 75 milliards d’euros de recettes nouvelles, ce qui permettait au gouvernement de respecter ses engagements européens en termes de déficit public, mais aussi d’éviter des coupes budgétaires dans les services publics. Malheureusement, le gouvernement Barnier a refusé de respecter le travail parlementaire et les décisions prise par l’Assemblée nationale en balayant les mesures de recettes supplémentaires, et a souhaité passer en force son projet de budget d’austérité par 49-3. D’où le vote de la censure. Nous nous inquiétons des annonces budgétaires du gouvernement Bayrou, qui a repris le texte de Barnier comme base de travail du prochain budget plutôt que le résultat du travail parlementaire, et a annoncé poursuivre dans la logique de l’ex-premier ministre.https://renepilato.fr/2024/11/19/mieux-comprendre-comment-lextreme-droite-sest-alliee-a-la-macronie-… […]

Laisser un commentaire

Contact:

Assemblée nationale 126 Rue de l’Université, 75355 Paris 07 SP

Permanence parlementaire 123 Rue de Périgueux 16000 Angoulême

Téléphone : 05 16 53 07 83

rene.pilato@assemblee-nationale.fr

Votre député sur les réseaux:

En savoir plus sur Site de René Pilato, député de Charente

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture