René Pilato a été interpelé par le Printemps de la Psychiatrie sur notre programme et nos actions pour défendre les moyens, et les méthodes, de la psychiatrie en France.
Voici la réponse complète du député:
Mesdames et Messieurs les membres du Printemps de la psychiatrie,
La première chose est pour nous de saluer le geste franc de soutien que vous avez eu lors des dernières élections. Le Nouveau front populaire tire en grande partie sa force de ce que sa coalition va jusqu’aux associations et syndicats.
La section syndicale de l’hôpital Camille Claudel d’Angoulême avait en effet soumis l’invitation aux Assises citoyennes du soin psychique à M. le Député mais celui-ci n’avait pu répondre favorablement, étant chef de file sur le projet de loi « fin de vie » lors de la dernière législature. La député et collègue Anne Stambach-Terrenoire y était présente pour le groupe parlementaire de la France insoumise.
A la suite d’une rencontre avec la direction de l’hôpital Camille Claudel d’Angoulême qui a été médiatisée, M. le Député a interpellé à plusieurs reprises le Ministère de la Santé et l’ARS sur l’état de délabrement du Centre hospitalier en Charente et l’urgence de moyens pour la psychiatrie publique au niveau national. Nous n’avons à ce jour reçu aucune réponse de la part du Ministère.
Vous trouverez sur ce lien la question écrite déposée en février dernier : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/questions/QANR5L16QE14866. Les Ministres sont en théorie tenus légalement de répondre à la représentation nationale dans un délai de deux mois. Ce délai n’est pas respecté et les questions écrites ont toutes été clôturées du fait de la dissolution en juin dernier. Nous sommes maintenant en attente de la réouverture du service de dépôt des questions au gouvernement pour le relancer.
Le 17 février, René Pilato a également participé à la rédaction de la tribune publiée dans le Huffpost « La psychiatrie est un service de soin, pas un régime de surveillance » qui s’insurgeait du tournant sécuritaire dans les discours politiques. Rejoignant la dénonciation que vous faites du « management orienté par le contrôle et l’évaluation », elle regrettait la déconnexion totale de cette vision de la psychiatrie, faisant des drames médiatisés impliquant des personnes souffrant de troubles psychiques des prétextes pour renforcer la répression et la surveillance. Les parlementaires du groupe France insoumise remarquaient que « Depuis des mois nous multiplions les auditions des acteurs de la psychiatrie : aucun ne demande plus de mesures de sécurité, tous demandent plus de moyens ». Cette vision est apparue au grand jour lors du passage de la flamme olympique, où, dans de nombreuses villes, les patients ont été privés de sortie.
A l’inverse, c’est une vision humaniste de la psychiatrie qu’il faudra mettre au centre du débat public. Et toute une réflexion à avoir sur la société française, tant pour comprendre comment ce genre de drames peuvent se multiplier que dans le sens d’une remise en question de la politique carcérale actuelle. Une étude de Santé publique France pointe qu’au moins 50 % des détenus interrogés étaient déjà suivis pour des troubles psychiatriques ou d’addictologie avant l’incarcération et une moitié d’entre eux était en rupture de soins le mois précédant l’entrée en prison.
Sur ce sujet, M. le Député a constitué un dossier à propos du fichage des mineurs admis sous contrainte et du croisement du fichier avec les données sécurité des autorités depuis le décret du 6 mai 2019.
Pour alerter le gouvernement sur ce sujet, il nous faudra attendre que celui-ci veuille bien permettre à nouveau aux députés de pouvoir poser des « questions au gouvernement ».
Vous évoquez le PLFSS 2025. Tous les signaux politiques amènent à penser que la politique austéritaire en matière de santé va être prolongée pour l’année à venir. Et pour cause, mépris pour la volonté populaire qui s’est exprimée durant les élections législatives de cet été, le Premier Ministre est issu de la droite et semble vouloir gouverner avec des ministres macronistes.
Pour toutes ces raisons, et pour faire respecter le programme qui a remporté les élections, les députés du groupe de la France insoumise-NFP ont déposé une motion de destitution qui a été jugée recevable par le bureau de l’Assemblée mardi.
Lors du précédent PLFSS, le groupe LFI avait déposé une série d’amendements pour répondre à la crise de la psychiatrie. Ceux-ci avaient connu un sort bien habituel, tombés pour cause de 49.3.
Notamment :
- Rendre obligatoire la complétion d’un stage en psy/pédopsy au cours du 2nd cycle des études de médecine et renforcer la formation des médecins généralistes et des pédiatres
- Créer 360 lits d’hospitalisation à temps plein en pédopsychiatrie
- abolir les pratiques de contention en psychiatrie chez les mineurs
- mettre en place deux entretiens de prévention dédiés à la santé mentale des enfants, entre 6 et 11 ans puis entre 12 et 15 ans
Soyez assurés que le groupe France-insoumise-NFP fera front pendant les discussions du budget pour mettre ces propositions à l’ordre du jour.
Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, nos respectueuses salutations,
Vous aussi utilisez les différents contacts du député pour lui poser vos questions.

















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