Ce mardi 12 mars, avec le groupe de la France Insoumise, nous nous sommes prononcés contre la Déclaration du Gouvernement relative au débat sur l’accord de sécurité franco-ukrainien et la situation en Ukraine (art. 50-1 de la Constitution).
Nous dénonçons cette fausse saisine du Parlement sur un sujet très grave, puisque le vote a lieu a posteriori et celui-ci n’est pas contraignant.
1- Nous nous opposons au contenu de cet accord, qui fait prendre le risque d’une escalade guerrière face à une puissance nucléaire (la Russie), sur un territoire où se trouvent 15 réacteurs nucléaires (l’Ukraine).
L’accord prévoit une aide militaire de 3 milliards d’euros en 2024 (après, selon l’Elysée, 1,7 milliards en 2022 et 2,1 milliards en 2023), une assistance humanitaire, la formation des forces ukrainiennes, un partenariat militaire industriel, une coopération dans la cybersécurité mais aussi des « équipements militaires modernes », « en accordant la priorité […] à la défense aérienne, à l’artillerie, à la capacité de frappe de longue portée, aux véhicules blindés» et « aux capacités de l’armée de l’air».
L’accord prévoit également une solidarité militaire avec l’Ukraine. Ainsi en cas d’« agression armée future » de la Russie contre l’Ukraine, la France et l’Ukraine « mèneront des consultations dans les 24 heures pour déterminer les mesures nécessaires pour contrer ou dissuader l’agression ».
2- Nous refusons l’entrée de l’Ukraine dans l’UE et l’Otan.
Selon l’accord, « la future adhésion de l’Ukraine à l’Otan constituerait une contribution utile à la paix et à la stabilité en Europe ». La France s’engage également à aider Kiev à se réformer dans l’objectif de satisfaire aux obligations pour l’adhésion à l’UE.
Pour nous, l’Ukraine n’en coche pas les critères (agriculture, lutte contre la corruption, réforme du système judiciaire, transparence des marchés, risque de dumping-social). De plus, une entrée de l’Ukraine dans le marché commun créerait encore plus de concurrence déloyale (SMIC ukrainien =200€) mais aussi cela ruinerait toute possibilité d’accord de paix avec la Russie.
3- De plus, lors de la conférence sur l’Ukraine à Paris du 26 février, Emmanuel Macron a annoncé ne pas exclure l’envoi de troupes en Ukraine et la création d’une coalition pour des livraisons de munitions de moyenne et longue portée à l’Ukraine.
Cela signifierait que la France pourrait fournir des armes à l’Ukraine pour attaquer le Russie sur son propre sol. Ce sont encore une fois des déclarations d’escalade, qui risquent de faire de la France une cobelligérante. Cela rompt avec la stratégie de prudence de la France jusqu’à ce jour et divise largement les Alliés – États-Unis compris – qui ne souhaitent pas être considérés comme des cobelligérants face à une Russie dotée de l’arme nucléaire.
Ces déclarations discréditent et isolent la France et mettent en péril les Français, ainsi que les Ukrainiens.
La France doit prendre la tête du camp de la paix
René Pilato















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