Le CEF d’Angoulême accueille des jeunes en difficulté, impliqués dans la violence ou la criminalité. En 2025, l’établissement a connu des changements de personnel et a amélioré la prise en charge, notamment en santé mentale. Reportage de Eileen Chaix.


Le CEF d’Angoulême accueille des mineurs de 13 à 18 ans, souvent impliqués dans des actes de violence, de stupéfiants ou en rupture familiale. Une tendance croissante concerne les jeunes extraits de réseaux criminels, notamment du sud de la France et de la région parisienne. Leur prise en charge nécessite une vigilance accrue, notamment face aux risques de violences extérieures liés au trafic ou à la prostitution. L’activité de l’établissement se mesure via trois indicateurs : le taux de prescription, le taux d’occupation et le taux de réalisation. Après une phase de stabilité en 2024, l’année 2025 a été marquée par une baisse de l’occupation due à des facteurs comme une infestation de punaises de lit ou des projets d’insertion externe. Malgré tout, les taux d’occupation se maintiennent autour de 70% en 2025 jusqu’à l’automne, ce qui reste favorable compte tenu des aléas rencontrés.
L’établissement a connu en début 2025 un contrôle de fonctionnement par la direction interrégionale, centré sur le pilotage de l’activité. Ce contrôle a servi de feuille de route pour les actions à venir. L’année a également été marquée par la stabilisation d’une équipe éducative profondément renouvelée à la suite de nombreux départs. Ce renouvellement a contribué à une meilleure qualité de prise en charge, avec des projets de sortie structurés évitant les « sorties sèches ». Enfin, des projets innovants enrichissent l’accompagnement, traduisant une dynamique en cours au sein de l’établissement.
L’équipe éducative est quasi-complète, constituée de 16 éducateurs dont une majorité en CDD du fait du manque de titulaires formés à la PJJ. Des efforts de stabilisation sont en cours, incluant l’accompagnement à la formation pour les contractuels et la possibilité d’ouvrir davantage de CDI. La titularisation progressive et l’accompagnement des professionnels sont des enjeux essentiels pour maintenir la qualité pédagogique du CEF.*














La présence d’une psychologue depuis septembre 2025 renforce les capacités d’analyse et de compréhension des jeunes, avec un soutien aux éducateurs dans la rédaction et la formulation de leurs écrits à destination des magistrats. L’accompagnement vise à mêler descriptions factuelles du quotidien à une analyse globale de la trajectoire du mineur, notamment en lien avec les éducateurs du milieu ouvert. La prise en charge de la santé mentale et physique des jeunes est un axe central. L’équipe est composée d’une infirmière à temps plein et collabore avec de nombreux partenaires médicaux (psychiatres adultes, CMPP, UAO, etc.). L’objectif est de maintenir un suivi continu, notamment pour les obligations de soins. La collaboration a été renforcée avec la pédopsychiatrie de l’hôpital Camille Claudel, dans une perspective d’amélioration du suivi global des mineurs.
Les projets de sortie font l’objet d’un travail renforcé, afin de limiter les retours à domicile sans projet, facteurs de récidive. En 2024, 10 jeunes sont sortis à échéance de leur placement, dont 7 ont été incarcérés. En 2025, le CEF a contribué à une amélioration notable de la scolarisation des jeunes au moment de leur sortie, avec des suivis prolongés à domicile pour éviter les ruptures. L’établissement met un point d’honneur à ce que chaque sortie soit préparée en lien avec le milieu ouvert.
Eileen Chaix















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