René Pilato a été interpellé par un citoyen sur la faim à Gaza et fait une proposition intéressante pour agir contre la faim à Gaza. Voici son courrier et notre réponse.
Question posée:
Loin des divergences politiques, je me permets de vous écrire.La famine n’a pas de couleur de peau, ni de drapeau. Elle est unique. Elle se manifeste par un vide dans le ventre, dans le cœur, dans les regards. Elle tue en silence.
En 1992, quand j’étais en primaire, j’ai participé à une opération de solidarité pour la Somalie, initié par monsieur Bernard Kouchner, alors ministre de la santé du gouvernement Bérégovoy. On nous avait demandé d’apporter chacun un paquet de riz à l’école. Un petit geste pour nous, un espoir immense pour d’autres. Ce souvenir m’a marqué.
Plus de 9000 tonnes de riz avaient pu être envoyés sur place !
Aujourd’hui, je regarde ce qui se passe à Gaza. Des enfants meurent de faim. Des familles survivent sans eau, sans soins, sans abri. Le monde semble parfois fatigué d’avoir à s’indigner. Mais peut-on se permettre de rester silencieux ?
Alors une question me hante : Pourquoi ne pas refaire la même opération, aujourd’hui, pour Gaza ?
Pourquoi ne pas demander à chaque élève, chaque citoyen, chaque foyer, d’apporter un paquet de riz, un peu de lentilles, de quoi nourrir ? Pas en criant, pas en accusant. Juste en tendant la main. Par humanité.
Ce n’est pas grand-chose. Mais c’est beaucoup.
C’est un premier pas. Et c’est ensemble qu’on peut avancer.
Cordialement
Réponse du député:
Bonjour,
Ce serait une bonne initiative, car elle permettrait de mobiliser la population française autour d’une initiative fraternelle. Mais comme vous le savez certainement, la faim est utilisée par le gouvernement israélien comme instrument de nettoyage ethnique à Gaza.
Le gouvernement israélien organise un blocus militaire empêchant les distributions humanitaires. L’aide alimentaire est bloquée. De plus, la population affamée fait l’objet de tirs mortels de la part de l’armée israélienne lors des distributions alimentaires.https://www.youtube.com/watch?v=opvsBB93USU
C’est au blocus humanitaire et au nettoyage ethnique qu’il faut en priorité s’attaquer.
Cela suppose une action de la France et de l’Union Européenne :
– Protéger les convois humanitaires
– Revenir sur tous nos accords de collaboration avec Israël à commencer par les accords économiques comme l’accord d‘association entre l’UE et l’Israël
– Prendre des mesures de sanctions économiques (l’UE est le premier partenaire économique d’Israël)
– Arrêter de vendre des armes et mettre en place un embargo dans la vente d’armes.
Aujourd’hui la France et l’Union Européenne ne font pas le nécessaire pour mettre fin au génocide en cours, et si votre proposition est une bonne initiative, il ne s’agira que d’un coup d’épée dans l’eau si ces mesures ne sont pas prises.
Par ailleurs, en juillet, 12 pays emmenés par la Colombie et l’Afrique du Sud ont annoncé des sanctions pour mettre fin à l’impunité d’ Israël. 18 autres pays, dont le Brésil, la Chine et 5 pays européens (Espagne, Portugal, Irlande, Slovénie et, hors de l’UE, la Norvège) pourraient en faire autant d’ici le 20 septembre, date de l’ouverture de la prochaine Assemblée générale des Nations unies.
Il n’est pas acceptable que la France, pays des droits de l’Homme, ne soit pas à l’initiative ni partie prenante de cette action coordonnée au niveau international pour mettre fin au génocide.
En vous remerciant pour votre interpellation,
Bien à vous
Anthony Brondel
Assistant parlementaire de René Pilato
Député de Charente
Groupe France Insoumise – NFP
Vous aussi utilisez les différents contacts du député pour lui poser vos questions.

















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