Ce samedi 17 mai, René Pilato organisait une agora sur le thème de l’Intelligence artificielle. L’objectif ? Donner la parole à la population pour discuter des différents enjeux.

Lors de la première heure de réunion, René Pilato est d’abord revenu sur l’actualité parlementaire, ses actions des dernières semaines et en particulier le texte sur la fin de vie actuellement en débat à l’Assemblée nationale.
Toutes les informations sur le travail parlementaire de René Pilato sur la fin de vie.
Lors de la deuxième heure, le public s’est reparti autour de 4 tables pour discuter de 4 enjeux autour de l’IA :
1- conséquences sur l’emploi
2- pistes de rémunérations
3- droits d’auteurs
4- impact écologique
Voici les réflexions qui sont ressorties des discutions en ruche :
– L’homme est un être social donc pour plein de services, l’IA ne pourra jamais remplacer l’humain. Mais l’IA peut être utilisée pour des taches aujourd’hui réalisées par des humains, or elle coûte moins cher. Elle va donc avoir un impact immense sur l’emploi. L’IA menace les métiers de bureau donc les métiers des derniers de cordée sont remis à l’honneur, elle pourrait être à l’origine d’une révolution sociale et valoriser les métiers manuels.
– L’IA va améliorer la productivité (exemple : Stellantis mettait trois ans pour faire un concept car et maintenant 6 mois grâce à IA chinoise), ce qui est positif si ce gain de productivité est mis au service de la population pour augmenter la qualité de vie. Mais dans une économie capitaliste dérégulée, les gains de productivité sont mis au service du capital et non du travail. La conséquence de ces gains de productivité sans intervention du politique se traduiront par une mise en cause des milliers d’emploi. Se pose alors la question de comment permettre à la population de vivre si l’IA laisse peut de place à l’emploi ?
– Tout travail mérite salaire. Or l’ ‘IA ne sort pas de nulle part mais va prendre du travail humain. L’IA utilise des créations produites par des personnes. Ce travail réalisé est piraté par l’IA, qui le dévalorise. Se pose alors la question de comment rémunérer les travailleurs qui sont à l’origine des travaux utilisées par l’IA ?
– Il semble peu acceptable de réclamer des droits d’auteur sur un produit réalisé seulement par l’IA. Or dans tous les cas, il y a eu une intervention humaine qui doit être rémunérée pour son travail. L’IA peut aussi être aussi utilisée partiellement dans une production. Comment détermine-t-on cette partie ? Et donc quelle rémunération en droits d’auteurs ?
– L’IA est-elle soutenable ? Le recours à l’IA suppose l’utilisation de ressources limitées. Les Data center pour leur refroidissement ont besoin d’eau. Il y a donc un enjeu autour du partage de l’eau et des conflits de son usage. L’IA nécessite aussi de l’électricité, des minerais rares, qui sont bien souvent importés depuis l’étranger, et extraits dans des conditions sociales et environnementales déplorables.
– Les enjeux de souveraineté économique ne se limite pas à ses importations, puisque l’IA va prendre une telle place, qu’une forme de dépendance de tout le système économique va s’opérer vis-à-vis des sociétés qui possèdent l’IA, il faut donc encadrer l’utilisation des données, voir poser la question de la possession des données. De plus, cette dépendance peut entrainer des difficultés économiques majeur en cas de soucis « technique » des plateformes d’IA, nous savons quelles peuvent être les conséquences d’une telle dépendance, par exemple en Espagne lors de la coupure généralisée de l’électricité. Cette dépendance peut être dangereuse sous plusieurs aspects.





René Pilato a conclu ces échanges en s’appuyant sur des échanges qu’il a pu avoir lors d’auditions à l’assemblée nationale.
Sur les enjeux liés à l’emploi, il cite l’exemple de Renault et du rôle par exemple des opérateurs qui regardent s’il existe par exemple des défauts. Désormais ce travail pourra être effectuée avec fait automatiquement avec une caméra via l’IA. Aussi, l’entreprise Renault estime que l’IA permet de gagner du temps dans la phase d’étude. Autre exemple de la place de l’IA dans le futur, il existe déjà des moyens pour une imprimante 3D de remplacer des maçons dans la construction de maisons.
Cedric O (ex-secretaire d’Etat au numérique et aujourd’hui membre du comité de l’intelligence artificielle générative et lobbyiste pour Mistael AI qu’il a co-fondé et qui a obtenu du gouvernement une opposition ferme de la France à la législation sur l’intelligence artificielle proposée par la commission européenne), a aussi été auditionné. Durant les questions portées sur l’emploi, celui-ci a défendu l’adaptabilité humaine, indiquant que la destruction d’emploi va en créer de nouveau. CedricO a aussi indiqué que les niveaux de connaissance pour utiliser les IA vont mettre en périphérie les structures et les travailleurs qui ne l’utilisent pas. Pour lui, réguler l’IA est impossible et il est seulement possible de donner des cadres à l’utilisation des usages.
Dans le domaine de la recherche, il prend l’exemple de la recherche spatiale. D’après des chercheurs avec qui il a pu échanger, l’IA a dépassé les humains, en matière de recherche de physique quantique. Sans l’IA il ne pourrait pas faire ce qu’ils font aujourd’hui au niveau de la recherche spatiale, car elle permet de donner des précisions, d’aller plus loin par exemple dans la rechercher sur les galaxies et les trous noirs.
René Pilato a aussi évoqué le risque de l’émergence d’une vérité qui peut ne pas l’être factuellement. L’IA travaille en effet sur des données statistiques, elle n’a pas une approche de la vérité. Si une fake news est statistiquement majoritaire dans les données qu’elle consulte, cette fake news est alors considérée comme la vérité. Ce qui peut être dangereux de tous points de vu.
Autre danger, celle des libertés publiques. L’ IA générative peut faire de la reconnaissance faciale et gestuelle. Elle a notamment été utilisée lors des jeux olympiques de Paris, et le cadre réglementaire, qui avait été critiqué et qui devait être temporel lors des JO, a été prolongé dans la plus grande discrétion.
En conclusion : la place que peut et va prendre l’IA pose la question du modèle de société, de la sobriété et du partage des richesse et du modèle économique.















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