PPL Protéger l’eau potable : « Acceptons encore et toujours la pollution de nos corps »

Déclaration générale pour la proposition de loi « protéger l’eau potable » du 11 février 2025.

La proposition de loi « protéger l’eau potable » souligne l’urgence de préserver la qualité de l’eau, face aux échecs des politiques anti-pollution. Elle appelle à des actions concrètes contre l’usage des pesticides et aux responsabilités de l’État.

Monsieur le rapporteur, madame la présidente, chers collègues,

Préserver la qualité de l’eau potable devient urgent.

En effet, un rapport interministériel a été réalisé par les inspections des ministères de la Santé, de la Transition écologique et de l’Agriculture, le bilan est alarmant.

Ce rapport, datant de juin 2024 souligne « l’échec global » pour préserver des pesticides la qualité de l’eau destinée à la consommation.

Il préconise l’interdiction « d’urgence » de leur usage sur les aires de captage d’eaux souterraines les plus polluées.

Pour les gouvernements successifs refusant toujours les mesures coercitives, ce rapport d’inspection signe l’échec du choix des politiques d’accompagnement.

Sans être exhaustif sur le bassin de Seine-Normandie, 378 captages ont été identifiés comme prioritaires car soumis à des pollutions, 10 ont été contraints. 10 sur 378.

Buvons braves gens, et acceptons encore et toujours la pollution de nos corps.

Rappelons que la pollution de l’eau contribue à la multiplication des cancers, les plus jeunes étant de plus en plus affectés.

Pour certaines de nos nappes la contamination date de 1993, année où des embouteilleurs comme Nestlé ont utilisé des traitements non conformes et ce jusqu’en 2024 où le scandale a éclaté.

J’ai déposé une proposition de résolution afin qu’une commission enquête sur cette tromperie aux consommateurs avec la complicité de l’État, le scandale court toujours.

En 2020, la Cour des comptes soulignait l’échec des plans Ecophyto malgré la mobilisation de fonds publics importants et appelait l’État à influer sur les modes de production des filières. Même constat d’échec pour la lutte contre les nitrates.

La Bretagne classée entièrement « zone vulnérable » depuis 1994, l’est toujours.

En 2021 l’ensemble du bassin Artois-Picardie est classé vulnérable à son tour.

Telle une maladie contagieuse, la surface nationale de ces zones polluées ne cesse de progresser.

Selon la grande enquête du Monde parue il y a un mois, 12 milliards d’euros par an seront nécessaires pour la dépollution des PFAS et autres TFA en France.

Le coût de ces traitements sont uniquement dans la facture des usagers car depuis des années le gouvernement est attendu sur une réforme du principe pollueur-payeur, nous attendons toujours.

Collègues, notre devoir de législateur est que par la loi, l’état assure la sécurité sanitaire de chacune et chacun d’entre nous. Jusqu’à quand allons-nous accepter que nos corps constitués à 65 % d’eau soit pollués ?

Les recherches sur la corrélation possible sont toujours soigneusement évitées par le tarissement des ressources financières et humaine.

La dernière en date dans le budget 2025, a été la volonté de supprimer l’OFB.
Collègues, construire nos analyses politiques et notre façon de voir le monde peut et doit se faire au gré de l’air mais surtout au fil de l’eau, source de vie.

Nous n’avons plus le droit d’occulter ce qui est factuel, il en va de la survie de notre écosystème et donc de notre survie.

Les intérêts privés doivent passer après la santé publique.

Ensemble faisons mieux !

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