René Pilato a été interpelé dans un courrier sur la situation préoccupante de l’industrie automobile européenne.
Dans ce courrier, plusieurs questions sont posées sur les raisons de cette crise et sur les solutions proposées par notre groupe au parlement.
Voici la réponse complète du député :
M. XXX,
Nous avons bien reçu votre courriel concernant la situation préoccupante de l’industrie automobile européenne. Nous vous en remercions.
Effectivement, le secteur traverse une crise profonde, qui ne résulte pas seulement de défis conjoncturels, mais également de choix politiques et économiques de long terme.
Depuis la pandémie, le marché automobile européen n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant crise, avec environ 7,2 millions d’immatriculations en 2024 selon les chiffres des constructeurs. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
• Des tarifs élevés et un contexte économique défavorable : La hausse des prix des véhicules et la morosité économique dissuadent de nombreux ménages de remplacer leur voiture.
• Des ventes de véhicules électriques en stagnation : Les modèles 100 % électriques peinent à convaincre, représentant seulement 12,6 % des ventes en Europe sur les huit premiers mois de 2024, contre 13,9 % un an plus tôt. Les constructeurs, notamment Tesla et les entreprises chinoises, dominent ce marché avec une compétitivité accrue, tandis que les normes européennes sur les émissions de CO₂, prévues pour 2025, compliquent davantage les perspectives pour les acteurs européens.
• Des investissements massifs dans l’électrification : Si les constructeurs réalisaient de bonnes marges sur les moteurs thermiques, ils subissent désormais le poids d’investissements importants pour développer des modèles électriques qui ne trouvent pas preneurs aussi vite qu’escompté.
Comme cela est rappelé dans le court extrait que vous joignez à votre mail, les pays européens ont beaucoup investi dans le secteur de la batterie. Depuis 2017, l’UE a engagé un plan stratégique pour soutenir la filière : 12 États membres ont soutenu 68 projets à hauteur de 6,1 milliards d’euros d’aides publiques. L’enjeu était de créer un « Airbus de la batterie ». C’est le cas de la France avec le programme France 2030, qui a notamment investi dans le projet de mégafactories de production de batteries pour le secteur automobile.
La vision néolibérale de la Commission européenne, opposée aux droits de douane et adepte des accords de libre-échange, a fragilisé notre industrie. L’absence de protectionnisme européen expose de ce fait l’industrie des batteries à la concurrence chinoise, qui bénéficie d’un soutien massif de l’État et de coûts de production bien inférieurs. La Chine domine déjà la chaîne d’approvisionnement mondiale des batteries, contrôlant une large part des matières premières et des processus de fabrication.
La dépendance au marché européen de l’électricité, où les prix sont influencés par des règles de marché éloignées des coûts réels de production, contribue à l’inflation en France.
Le Projet de loi de Finances pour 2025, comprenant 40 milliards d’euros de réduction des dépenses, menaçait d’enclencher une spirale récessive et de peser davantage sur la consommation des ménages. Dans ce contexte, comment espérer un rebond des ventes automobiles françaises ?
Il a été rejeté suite à la censure du gouvernement Barnier, portée par le groupe La France insoumise-Nouveau Front populaire.
L’annonce de la fin des moteurs thermiques en 2035 est un objectif certes ambitieux, mais mal accompagné. Des questions cruciales restent sans réponse : peut-on équiper tous les ménages en véhicules électriques tout en préservant nos ressources naturelles et sans mettre en péril notre tissu industriel ?
Des emplois menacés:
Les conséquences sociales de cette crise sont alarmantes. Des centaines de milliers d’emplois risquent d’être supprimés en France cette année et en 2025. Le groupe parlementaire de la France Insoumise a récemment publié un communiqué de presse soulignant l’urgence d’agir face aux plans sociaux dans l’industrie.
Nous sommes convaincus qu’une rupture avec ce modèle économique est urgent :
• Une planification stratégique du développement économique doit nous permettre de reprendre la main sur notre production dans le cadre de la transition écologique ;
• Une mise en place d’un protectionnisme solidaire avec notamment une taxe au kilomètre pour les marchandises qui doit nous permettre de stopper la vague de plans sociaux en sortant du mirage de la « compétitivité » ;
• Une politique de relance de l’économie par l’investissement public et le blocage des prix de l’électricité peut amener à débloquer la consommation populaire.
C’est le projet que M. le Député René Pilato défend à l’Assemblée Nationale et que ses collègues insoumis ont proposé dans le cadre du budget 2025.
Vous trouverez ci-contre le document de synthèse du contre-budget que le groupe parlementaire LFI-NFP a défendu durant l’examen du budget au travers de ses amendements
Veuillez recevoir, Monsieur XXX, nos respectueuses salutations,
Vous aussi utilisez les différents contacts du député pour lui poser vos questions.
















Laisser un commentaire