Discours sur la fin de vie: Garantir l’ultime liberté.

« La loi dont nous allons débattre va garantir l’ultime liberté, celle de regarder sa souffrance en face et de lui dire : tu ne vaincras pas »

Voici le discours prononcé par René Pilato le 27 mai 2024 à l’Assemblée Nationale dans le cadre des débats sur le projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et à la fin de vie.

Madame la Présidente, Madame la Ministre, Monsieur le rapporteur général, Mesdames et messieurs les rapporteurs, Chers collègues,

Face à la mort, nous prenons conscience de notre finitude.

Comment voulons-nous finir nos jours ?

Ce projet de loi dans sa première partie, contient l’accompagnement d’une personne gravement malade, dans un cadre que nous voulons non lucratif.

Si l’issue est fatale, dans sa seconde partie, ce projet de loi permet à la personne malade, de choisir comment mettre fin à des souffrances réfractaires et insupportables : soit par la loi existante appelée loi Claeys-Leonetti, soit par un nouveau droit dont nous allons discuter.

Nous, groupe La France Insoumise, pensons que ce projet de loi, amendé bien sûr, sera une avancée majeure sur le chemin de l’humanisme.

L’asservissement des humains par d’autres humains a existé et existe toujours.

L’emprise sur les esprits et sur les corps perdure.

La loi de 1905 acte la séparation des églises et de l’état, assurant ainsi la liberté de conscience. Depuis, vous pouvez croire, ne pas croire, ne pas savoir sans être inquiété.

Mais par dessus tout chers collègues, cette loi implique la neutralité de l’État via notre devise : Liberté Égalité Fraternité.

La loi de 1905, cadre juridique majeur, est le ciment de notre république. Elle enclenche alors un processus d’émancipation.

Au cours du XXème siècle, la lente évolution des esprits conduit à considérer que les femmes ont le droit d’avoir un salaire, de travailler sans l’accord du mari ou du père. Elles obtiennent le droit de vote, ont le droit d’ouvrir un compte bancaire…

Bref, est enfin reconnu aux femmes qu’elles sont dotées d’un libre arbitre pour faire leurs propres choix.

Chers collègues, soyons fiers que la France soit le premier pays au monde à avoir constitutionnalisé l’IVG.

Durant ce XXIème siècle, est également voté l’union entre deux personnes et ce, quel que soit leur genre. C’est une nouvelle liberté, un droit ouvert à toutes et tous, de choisir comment avoir des moments de bonheur avec la personne de son choix.

L’école émancipatrice, (bien loin du SNU ), se doit de développer l’esprit critique.

Cela rend l’être humain moins vulnérable pour qu’en toute conscience, il puisse écrire son avenir, jusqu’à sa mort.

La loi dont nous allons débattre, va garantir l’ultime liberté, celle de regarder sa souffrance en face et de lui dire : « Tu ne vaincras pas. Dans cette condition que je considère inhumaine pour moi et mes proches, je conserve ma dignité.« 

Par un dernier geste, démontrer que ma volonté l’emporte sur un quelconque dogme et sur un quelconque jugement de culpabilité.

Dire à mes proches: « c’est parce que je vous aime et parce que vous m’aimez qu’ensemble nous nous tiendrons la main quand je choisirai le moment de ma mort.« 

Dans un cadre non lucratif, c’est bien une égalité en droit pour l’arrêt des souffrances tout comme la liberté ultime de disposer de son corps que garantira cette loi.

À celles et ceux qui pensent que tout serait écrit, rappelons que la république est un mode de gouvernance où les lois sont votées par la population ou ses représentants que nous sommes.

Chers collègues, pour fabriquer la loi dans le cadre juridique fixé par la loi de 1905, et plus particulièrement pour écrire cette loi sur la fin de vie, il nous faut laisser aux portes de cet hémicycle, nos croyances, notre intime, et nos dogmes.

Comme un droit n’est pas une obligation et que l’on est libre de l’exercer ou non, encadré par la clause de conscience, cette loi sera bien une loi de laïcité.

Dans cet hémicycle en dehors de toute contrainte, parce que nous sommes dans une république, sous tutelle de la raison et uniquement de la raison, sans croyance ou préjugé, la question qui nous est posée est :

Nous, députés de la république française, par un droit nouveau qui libère d’un jugement dogmatique sur la mort, allons nous poursuivre le travail de nos prédécesseurs sur le chemin de l’humanisme?

Chers collègues, être libre, c’est choisir ses contraintes.

Pensons humain, nous voterons juste.

Je vous remercie.

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